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It’s a bird? It’s a plane? No, it’s Birdman!

(Crédit photo : AP Photo/Fox Searchlight, Atsushi Nishijima)

(Crédit photo : AP Photo/Fox Searchlight, Atsushi Nishijima)

Le 25 février dernier sortait sur nos écrans le très attendu Birdman, dernier film du réalisateur et producteur mexicain Alejandro González Iñárritu, ayant dominé la dernière cérémonie des Oscars, remportant 4 statuettes dont celle de meilleur film et de meilleur réalisateur. Un film complexe et plein d’humanité.

25 février 2015

25 février 2015

Il faut reconnaître à Birdman bien des choses et avant tout la grande qualité de son casting. Les acteurs et actrices, et Michael Keaton le premier, se trouvent être d’une incroyable et délicieuse justesse, déambulant dans les coulisses d’un théâtre newyorkais, passant sans transition des loges à la scène,  se métamorphosant sans cesse. Insupportables, loufoques, dépressifs, ils questionnent toutes les facettes de l’esprit, des caractères humains. Birdman est une mise en abîme criante d’acteurs en comédiens, du théâtre grouillant et de la vie.

Le fond du film est un mélange de nombreuses réflexions et propos : Iñárritu confronte les générations, Riggan Thomson alias Birdman, cinquantenaire, rejette les réseaux sociaux et internet. Sa fille, ses collègues, les gens dans la rue qui le filment, eux pensent d’abord à cela lorsque l’on parle de renommée.

Chacun lutte pour son image, aussi la peur du ringard, d’être inutile, d’être oublié nourrit les dialogues et les rapports entre les personnages. Riggan cherche la reconnaissance du public et des critiques de Broadway pour retrouver de sa superbe, de sa gloire d’antan. Sa fille ne  considère ces derniers que comme des bourgeois pédants, alors que la «réelle » puissance est de faire le buzz. Mike Shiner, l’autre comédien, vedette de Broadway, cool et capricieux, rebelle désabusé, ne cherche que l’ovation et l’adoubement de la presse.

De Broadway à Hollywood

Le réalisateur confronte par ailleurs les mondes d’Hollywood et de Broadway, via son personnage principal (ex-star d’Hollywood tentant une reconversion à Broadway), et particulièrement dans une scène explosive où Riggan parle avec la plus grande critique de New York qui le méprise sans même avoir vu la pièce. Cette scène questionne aussi rapidement le rapport qui peut exister entre le critique et l’artiste, ainsi que le rôle de chacun : celui qui fait et celui qui juge, décide du sort d’une œuvre.

 Birdman mélange pour finir, deux univers, deux dimensions : le réel et l’imaginaire. Certains passages relèvent du fantastique lorsque Riggan entend (et parle) avec une voix grave dans sa tête, celle de Birdman, de son égo. D’autres, plus tard dans le film, relèvent du film de super-héros.

Birdman est un film d’Iñárritu. On retrouve dans le film le personnage sur lequel le sort s’acharne que l’on trouvait déjà dans d’autres films du réalisateur comme Javier Bardem dans Biutiful ou Brad Pitt et Cate Blanchett dans Babel. Le personnage semble courir à sa perte, portant sur ses épaules son destin tragique. On retrouve aussi le lyrisme, la poésie d’Iñárritu qui apporte toujours de la lumière, de la beauté lorsque le personnage touche le fond.

Mais Birdman n’est pas noir et tragique comme Biutiful, au contraire. La vie est bouillante, avec ses hauts et ses bas

Mais Birdman n’est pas noir et tragique comme Biutiful, au contraire. La vie est bouillante, avec ses hauts et ses bas. Les dialoguent sont succulents, les situations drôles ou rocambolesques.

Birdman, lauréat de quatre Oscars (Meilleur Film, Réalisation, Scénario, Photographie) et d’une flopée d’autres prix prestigieux, n’a pas volé ses récompenses. Le film reçoit aussi un BAFTA Award pour la Meilleure Photographie d’Emmanuel Lubezki, véritable prouesse, puisque le film, avec tous les subterfuges que cela implique, ne semble être qu’un seul et même plan.

  •  Birdman, Alejandro González Iñárritu, avec Michael Keaton, Emma Stone, Edward Norton…25 février 2015.
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