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L’ontologique sensibilité de Natho

Delphine Mayeur ©

Delphine Mayeur ©

Zone Critique vous présente aujourd’hui le travail de la peintre Natho, qui vient d’être sélectionnée parmi les 95 plasticiens aux modes d’expression variés qui auront l’honneur d’intégrer l’exposition d’art contemporain MACParis qui aura lieu cet automne du 24 au 27 novembre à l’Espace Champerret, Paris.

Natho ©

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Natho renouvelle la représentation du corps humain dans la peinture qui, du figuratif à l’abstrait, a toujours cherché à séduire le regard du public par l’exaltation des formes anatomiques. Si l’on est loin des esthétiques harmonieuses inspirées des canons gréco-romains et de la perfection que les artistes de la Renaissance recherchaient, c’est parce que le corps chez Natho pénètre la conscience et se veut une manière d’éprouver l’universalité du soi, un moyen de penser la condition humaine.

Le corps transfiguré

Dans cette exposition d’inspiration expressionniste, la saillance du corps pour l’essentiel masculin, sinon androgyne, se perçoit paradoxalement dans l’alignement général d’un volume irrégulier, disproportionné, prostré, statique, impair, pesant, voire encombrant. Autrement dit, bien que reproductible ad libitum, le corps s’esquisse à l’acrylique comme une masse singulière qui n’a de cesse de se dérober au mouvement.

A l’inverse des postures peu naturelles des figures de l’expressionnisme allemand, Natho opte pour une disposition sereine des corps, propre au repos (terrestre comme éternel), au recueillement et au renoncement. Cette vision expressionniste et philosophique du corps humain se comprend comme un travail de transfiguration de l’existence brute et brutale, d’un destin dont l’inéluctabilité hypothèque d’emblée tout choix existentialiste, toute décision d’avancer, toute prise en main.

Dès lors, le futile – les mains comme le cerveau – devenu inutile s’amoindrit, sinon s’efface pour laisser place à l’empathie, celle du spectateur qui entre en résonance intime avec le trait des silhouettes indivises et les couleurs minérales des toiles de Natho pour en éprouver l’ontologique sensibilité.

Notice biographique :

Brigitte Rivière (Natho), née à Agen en 1957, vit et travaille en Nouvelle-Calédonie. Sa carrière de peintre commence en 1992 à la Réunion où elle expose ses premières toiles aux personnages androgynes interchangeables qui occupent l’espace du tableau avec ostentation. L’expérience esthétique, omniprésente dès sa plus tendre enfance, faisait partie intégrante de sa vie, telle l’inspiration qu’elle puisait dans les nuages vaporeux de l’enfance, allongée sur la banquette arrière de la voiture familiale, lors de ces trajets dont on ne voyait jamais la fin et qui pourtant fleurait bon les vacances d’été. Elle s’est construite une carrière internationale au fil des ans sous de nombreuses latitudes (Sydney, Paris, Saint-Denis de la Réunion, Brisbane, Nouméa, etc.) et vient d’être sélectionnée parmi les 95 plasticiens aux modes d’expression variés qui auront l’honneur d’intégrer l’exposition d’art contemporain MACParis qui aura lieu cet automne du 24 au 27 novembre à l’Espace Champerret, Paris.

Jean-François Vernay

  • Exposition des œuvres de Natho dans le cadre de MACParis, du 24 au 27 novembre 2016 à l’Espace Champerret, Paris.
Natho ©

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