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Cannes 70 : nos pronostics

claudia-cardinale-en-majeste-sur-l-affiche-du-70eme-festival-de-cannes,M435714À J-36 du 70e Festival de Cannes, les candidats à la Palme d’Or sont nombreux. S’il faut attendre la conférence de presse de ce jeudi 13 avril pour connaître la Sélection Officielle, certains challengers se profilent déjà. En fonction du jour de sortie fixé aux line-up des studios, on a une idée du « poulain » que ceux-ci espèrent placer. Mais la date ne fait pas tout et, au petit jeu des pronostics, il y a parfois des variables inattendues. Abdellatif Kechiche l’a récemment prouvé en criant, dans la presse, sa déception de ne pouvoir concourir à cette édition 2017 en raison d’un « blocage contractuel » de France Télévisions. Exit donc le diptyque (et même potentiel triptyque) du palmé de La Vie d’Adèle et place aux concurrents, avec une liste non exhaustive et forcément subjective des éventuels longs-métrages en lice pour la récompense suprême.

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Les habitués et les Frenchies

Arnaud Desplechin, Les Fantômes d’Ismaël. Présent l’an dernier à la Quinzaine des Réalisateurs pour défendre Trois souvenirs de ma jeunesse, le cinéaste français a plusieurs fois concouru en Compétition et dans les sections parallèles, mais est toujours reparti sans prix majeur. Ce thriller intimiste, qui lui vaut de renouer avec son acteur fétiche Mathieu Amalric pour un septième projet commun (sept, chiffre porte-bonheur) compte deux autres arguments de poids : son casting – Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg – et son méta-thème d’un tournage qui tourne mal. Amalric, également adepte du méta-cinéma, a quant à lui réalisé un faux biopic qui peut avoir les faveurs de Thierry Frémaux, Barbara.

André Téchiné, Nos années folles. Téchiné et sa dizaine de sélections cannoises laissent présager d’un onzième round pour le cinéaste rompu à l’exercice depuis Les Soeurs Brontë en 1979. Faisant un bond d’environ un siècle dans le passé, il nous entraîne dans l’enfer de la Première Guerre mondiale à travers le singulier portrait d’un déserteur qui a vraiment existé et qui, pour échapper à son destin, s’est travesti en femme.

Sofia Coppola, Les Proies. Un procès d’intention récurrent mené à l’encontre du Festival de Cannes est sa supposée misogynie. L’héritière Coppola fait mentir cette polémique en retrouvant les bons auspices azuréens avec ce thriller en costumes placé sous le signe du girl power, où Colin Farrell devra se méfier de Nicole Kidman, Elle Fanning et de Kristen Dunst, indétrônable protégée de la réalisatrice de Virgin Suicides.

Michael Haneke, Happy End. Faisant partie du cercle très fermé des double-palmés, le réalisateur autrichien du Ruban blanc et d’Amour a terminé son film dans les temps pour le présenter à Cannes ce qui suffit à faire trembler ses confrères. Puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant se partagent l’affiche, avec Matthieu Kassovitz pour compléter le trio de tête.

Michael Payne, Downsizing. Fidèle au style doux-amer de sa filmographie, le réalisateur de Nebraska signe un nouveau film à contre-courant en mettant en scène un Matt Damon petit par la taille mais grand par les aspirations. Rapetisser pour voir plus grand, de quoi changer de perspective et ajouter un brin de science-fiction à la sélection.

Michel Hazanavicius, Redoutable. « Redoutable » c’est le terme que le réalisateur désavoué de The Search serait sûrement tenté de donner au Festival de Cannes après le fiasco de son drame historique tchétchène en 2014, l’année où Jean-Luc Godard présentait son énigmatique Adieu au langage en 3D. Changement radical de registre pour la revanche d’Hazanavicius avec ce biopic porté par un Louis Garrel qui pourrait voir double derrière les lunettes de Godard puisqu’il figure aussi au générique du Desplechin.

Claire Denis, Des Lunettes noires. Coutumière d’Un Certain Regard, Claire Denis pourrait, avec son style sans concession et l’explosif tandem Binoche / Depardieu, être l’un des chocs de cette 70e édition. S’il est à nouveau question de lunettes, difficile pour l’heure d’y voir clair sur la forme que prendra cette adaptation de l’essai en toile d’araignée Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes.

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Les outsiders qui pourraient créer la surprise

László Nemes, Sunset. Il est encore trop tôt pour placer le cinéaste oscarisé dans la catégorie des habitués de Cannes, mais c’est bien là qu’on aimerait le voir, tant Le Fils de Saul (2015) fait partie de ces grands films qui appellent plus qu’un Grand Prix. Nemes nous propose désormais un soleil couchant ; nous présageons au contraire de l’aube d’une belle carrière pour le prodige du cinéma hongrois.

Yórgos Lánthimos, The Killing of a Sacred Deer. Nicole Kidman et Colin Farrell ont tourné un autre long métrage, le premier que le réalisateur grec de The Lobster (Prix du Jury 2015) a signé outre-Atlantique. Poursuivant sa déclinaison tout personnelle du monde animal, il passe du meilleur ami de l’homme (Canine), au homard et, enfin, au cerf avec un titre pour le moins intriguant.

Laurent Cantet, L’atelier. Palmé tricolore avec Entre les murs il y a près de dix ans, Cantet est susceptible de faire son retour cannois cette année. Ce drame emmené par Marina Foïs doit son titre à l’atelier d’écriture auquel sont inscrits ses héros : des jeunes en insertion. Un drame baigné de la douceur estivale de La Ciotat et du leitmotiv qui lui est cher : l’éducation comme moyen de s’élever d’un quotidien en demi-teinte.

Roman Polanski, D’après une histoire vraie. Après avoir boudé la présidence des César sur fond de pression liée au scandale qui le poursuit depuis les années 1970, Polanski a ses chances à Cannes avec son adaptation du troublant roman de Delphine Le Vigan. Face caméra : son épouse et muse Emmanuelle Seigner et l’envoûtante Eva Green sur le thème du dédoublement et des rapports d’influence.

François Ozon, L’Amant double. Le doublé c’est d’abord celui du réalisateur avec sa « jeune et jolie » Marine Vacth. Pour cette seconde collaboration, l’étoile montante du cinéma français donne la réplique à Jérémie Renier. L’acteur fétiche des Dardenne (qui n’ont pas de film cette année) est chez lui à Cannes. Leur face à face promet d’être électrisant, sous le signe du suspense et de l’érotisme.

David Robert Mitchell, Under the Silver Lake. Acclamé pour l’horrifique It Follows en 2014, David Robert Mitchell continue de jouer avec la peur, mais dans la veine du film noir. On ignore encore tout de ce film à ceci près qu’il prend pour décor le Los Angeles d’aujourd’hui, pour autant il y a fort à parier que ce long métrage actuellement en post-production pourrait faire frissonner les festivaliers.

George Clooney, Suburbicon. Avec les frères Coen à la co-scénarisation et son ami Matt Damon (encore lui) en guest star, George Clooney prouve qu’il sait s’entourer quand il s’agit de revêtir la casquette de metteur en scène. Lui aussi emprunte la voie du polar pour sa sixième réalisation.

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Pour rappel, nous serons en direct de l’UGC Normandie ce jeudi 13 avril pour vous révéler la Sélection Officielle à chaud (à suivre en streaming sur la chaîne YouTube officielle du Festival, à partir de 11h ici )

Et rendez-vous dès le 17 mai sur La Croisette pour vivre le 70e Festival de Cannes de l’intérieur !

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