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Good Time – Film de genre électrisant

Robert PattinsonContrairement à ce qu’en disent ses détracteurs, le Festival de Cannes n’est pas l’apanage d’un cinéma élitiste, enfermé dans des codes académiques. Le cinéma de genre y a sa place et Good Time le rappelle avec force. Porté par une BO saturée qui concentre toute la fureur de son anti-héros, ce thriller nocturne révèle Robert Pattinson dans un registre indé détonnant qui lui sied bien. Plein feu sur la claque de Benny et Josh Safdie, nouveau tandem fraternel de la grande famille cannoise.

Après son baptême de la Compétition Officielle avec le Cosmopolis (2012) de David Cronenberg, Robert Pattinson peut compter sur Thierry Frémaux pour l’aider à se défaire des sagas Harry Potter et Twilight. Seule star du film – exception faite de la trop discrète Jennifer Jason Leigh – il prend la lumière de ce sombre polar aux dialogues choc. On le découvre sous les traits de Connie, un ingérable braqueur amateur. Nerveux et animé d’un instinct de survie qui lui donne des airs de lion en cage, il est prêt à tout pour garder son frère Nick, fragile mentalement, auprès de lui.

Mumblecore, définition

Courant issu du cinéma indé américain, le mumblecore a émergé en 2005 à SXSW, rendez-vous auquel les Safdie ont souvent répondu présents, avec prix et citations à la clé. Aujourd’hui en plein essor, ce courant concerne les films à petit budget dont les protagonistes sont généralement des trentenaires en proie à des problématiques personnelles ou sociales. Préférant la pellicule argentique au format numérique qui truste les œuvres mumblecore, le duo de réalisateurxs livre une œuvre hybride, se revendiquant de ce courant pour mieux s’en éloigner.

Dans la famille Safdie, je demande les frères

Dans les méandres d’un New York qui mérite plus que jamais son surnom de ville qui ne dort jamais, Benny et Josh Safdie filment caméra à l’épaule, de préférence en plan serré. Partisans d’une mise en scène axée sur le ressenti, ils parviennent à maintenir la tension au gré des aléas de leurs personnages. Petits protégés du Champs-Élysées Film Festival, les Safdie jouent déjà dans la cour des grands et sont coutumiers des sélections en festivals. Cette année, ils accèdent pour la première fois à la Compétition Officielle, mais sont déjà venus défendre plusieurs films sur La Croisette ; le dernier en date, Lenny and the Kids à la Quinzaine des Réalisateurs. Si les cinéphiles décèleront peut-être des références à Taxi Driver ou à Drive dans l’errance nocturne de notre marginal en quête d’échappatoire, le long métrage porte la patte de la jeunesse.

good time

Ambassadeurs d’une nouvelle génération de cinéastes indé à l’énergie communicative, Benny et Josh Safdie se sont beaucoup impliqués dans cette aventure haletante. Tandis qu’ils se partagent la réalisation, Joshua prend les rênes de la co-scénarisation et Benny ceux du montage et de l’interprétation de Nick. À l’instar des Coen, Dardenne et même d’Auguste et Louis Lumière, les Safdie prouvent que le septième art aime les tandems fraternels. On se prend en tous les cas d’affection pour les frangins de Good Time, un « good movie » qui peinera toutefois probablement supplanter ses concurrents au palmarès.

Good Time, de Benny et Joshua Safdie, avec Robert Pattinson et Jennifer Jason Leigh.

En Compétition, sortie prévue le 11 octobre.

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