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Matzneff à L’Eurydice

EURIDICE_DEVANTURE

Le 17 octobre 2019, Louis Bance, du café artistique L’Eurydice, situé dans le quartier latin, recevait l’écrivain Gabriel Matzneff, au coeur de la polémique suite à la publication de l’ouvrage Le consentement de Vanessa Springora. Louis Bance se pose la question dans cet article : pourquoi avoir reçu l’écrivain ? 

Le 17 octobre 2019, nous recevions l’écrivain Gabriel Matzneff à L’Eurydice, café littéraire du Quartier Latin, sorte d’agape ou d’hommage qui, dans des vapeurs d’encens, témoignait de l’estime que nous portons à Gabriel Matzneff, prix Renaudot, prix Amic de l’Académie Française, ami de Montherlant et de Cioran. Une révérence comme une fête champêtre peinte par Watteau, l’aveu d’un respect pour cet homme de lettre, cet homme né en 1936 — car si la jeunesse enchante, la vieillesse, elle, domine les âges. Je suis l’un des patrons de cet estaminet jaune, bien mis sur la Montagne-Sainte-Geneviève — ce lieu où nous déclamons des poëmes le mercredi soir, où se mêlent André Chénier et Philippe Desportes, où se confondent Édouard Dubus et Florian. Pour l’occasion, je lus Ivre du vin perdu, et comme tous les soudards de l’époque, m’attachai à bien comprendre le chapitre cinq des Passions Schismatiques. Dolentement, j’écarquillai les yeux lorsque je parcourus les quelques pages, parfois méphistophéliques, du petit ouvrage, et c’est avec un haut-le-cœur que je recopie ces lignes : «   Le combat en faveur d’une modification des articles 330, 331 et 356 de l’actuel code pénal […] n’en demeure pas moins utile et nécessaire : si un acte politique a un sens dans la France d’aujourd’hui, c’est celui-là. Ces lois répressives […] que nous voulons faire sauter, comme le verrou d’une cage où les enfants et ceux/celles qui les aiment seraient retenus prisonniers.   » ou plus tôt : «  J’emploie aussi, à l’occasion, le mot pédophilie, mais son côté pharmaceutique me déplaît : c’est un mot qui sent le camphre, voire le bromure. Il est en outre fautif : philopédie serait plus correct.   » La répugnance est la charpente de l’exécration.

  J’aime beaucoup l’œuvre de Pierre Louÿs ou d’Apollinaire, l’œuvre érotique, voire pornographique j’entends. On ne peut m’offenser, me scandaliser, m’indigner. Lacenaire lui-même écrivit parfois de beaux poëmes. Modestement, sorbonnard, je porte en moi l’héritage et la mémoire de l’histoire de notre littérature : je suis un esthète, un véritable homme de lettres, bibliophile, passionné, patient, ne jugeant pas l’homme mais l’œuvre. Ici, je m’inscris dans cette tradition : «   Il n’existe pas de livre moral ou de livre immoral. Un livre est bien écrit ou mal écrit, un point, c’est tout.  » Ce passage très connu est d’Oscar Wilde, dans la Préface du Portrait de Dorian Gray. Le 24 mai 1895, Wilde est déclaré coupable d’   «  actes indécents  » et condamné à deux ans de travaux forcés ; il fréquenta les prisons de Pentonville, de Wandsworth, et Reading. Repenti, il écrira dans De profundis : «   La faute suprême, c’est d’être superficiel.   » Quelle fut sa faute ? L’homosexualité. On ne peut pourtant pas comparer Gabriel Matzneff et Oscar Wilde. Quel auteur fit l’étalage de sa vie intime à ce point ? Je n’imagine pas Alfred de Musset tenir un carnet et livrer au public ses secrets : «   Mai 1839. Ai sodomisé Rachel ce matin. Ai préféré son c*** à celui d’Aimée d’Alton. Bref. Avons dîné au Café Tortoni peu de temps après.  » Un écrivain ne doit-il pas posséder quelque élégance, embrasser les élans de l’âme aristocratique ? Cette dépense, ce festival, ce catalogue de la conquête féminine, comme un déploiement de photographies qui volerait l’intimité de l’autre, est le plus grand crime de cet homme. Nabokov, homme repentant, plein de contrition, nous livre le témoignage d’un individu, non pas qui se loue lui-même, mais qui se blâme des élans d’une chair toujours faible. Matzneff parade, portant l’aigrette d’une superbe discutable. L’autre, jusqu’à lui nier son identité par l’utilisation d’une lettre, n’est plus qu’un divertissement, le moyen de l’exercice littéraire. Il y a, chez ce séducteur des cascades, une déception pour moi. Celle de confondre littérature et militantisme, beauté et apologie, poésie et politique. C’est la souillure du maniaque, la corruption du dévoyé. Une vie dissolue n’est pas un meurtre mais la dépravation est une infamie. Matzneff aurait été un grand écrivain s’il eut été plus humble.

  Cet enchaînement vanté, ce feuilleton graveleux, a quelque chose qui dérange et agace : la vanité. Une kyrielle d’amantes très jeunes, c’est déjà grave, mais la superficialité est une indignité ; le libidineux bestial qui se complimente est un crève-cœur. Les confessions froides n’inspirent pas l’admiration, mais bouleversent par leur médiocrité. L’absence d’élévation, quand on dit son Ave Maria en russe tous les soirs, est le petit jeu d’un sycophante, pas d’un esprit supérieur. Le jouir du succube vantant des amours grecques ou romaines, ce n’est pas dissoudre la morale, c’est réfléchir les décompositions d’un être désabusé dans un miroir facile. Et ne me parlez pas du Marquis de Sade — car quel génie ! — comprenez bien que les jeux olympiques du sexe (soi-disant), ce rapport clinique où l’absence de pudeur poudroie, est une chose qui déshonore. Tout cela manque de fioritures et d’ornements. La discrétion et la réserve sont autant de fleurs qui manquèrent à sa boutonnière. Déniaiser des vierges, le crier, c’est bon pour les comptoirs des bistrots de la rue de Buci. Gabriel Matzneff ne sera jamais qu’un auteur majeur qui pratiqua un art mineur ; il en fit le chef-d’œuvre du cacochyme. «   Il jongle de façon acrobatique entre des mensonges de plus en plus éhontés pour enchaîner dans une même journée, deux, trois, parfois quatre, rendez-vous amoureux.  » Vanessa Springora

  Voilà, nous n’avons pas reçu Monsieur Matzneff par adhésion mais par curiosité, et je fus ravi de serrer la main d’un être si doux qui me confia son amour pour Albert Samain. C’est rare un homme qui aime Albert Samain. Alors c’est très beau.  Il y a dans tous les hommes une double postulation, vous comprenez ? Je suis protestant, je me soumets à Dieu qui fait bien ce qu’il fait : Jacques 4:12 Un seul est législateur et juge, c’est celui qui peut sauver et perdre ; mais toi, qui es-tu qui juges le prochain ? 

Pourtant, le cas Matzneff soulève à mes yeux une question plus profonde, celle de la subjectivité, du relatif, de l’anachronisme… Nous assistons, effarés, à la lente destruction de la réputation d’un homme irréprochable : Gaugin. Le puritanisme, la bien-pensance, l’angélisme, le politiquement correct, la repentance triomphent ; la révision historique est vomie par les latrines de l’ignorance du nouveau millénaire. Jugeons tout le monde ! Oui la France du XIXe siècle et du XXe siècle fut profondément antisémite. Défonçons le buste de François Coppée face à Saint-François-Xavier !  Brûlons les livres de Julien Green ! Débaptisons le collège André Gide ! Pourquoi ? Le béotien n’ignore pas que Gide aima beaucoup les écoliers d’Algérie, en 1899, posa nu sur les plages d’Hammamet, que l’âge de ses amants africains n’échauffa pas sa conscience tranquille. Pourtant ! Pourtant ! «  J’adresse ma dévotion ce matin à l’Apollon saharien, que je vois, aux cheveux dorés, aux membres noirs, aux yeux de porcelaine.  » dit-il dans Biskra. Gide écrit bien, un point c’est tout. Comment tolérer encore Paul Verlaine ? Il battait sa femme. Il lança même son fils de trois mois contre un mur, plein d’absinthe et de folie rimbaldienne. En mars 1885, Verlaine est emprisonné pour coups et blessures sur sa mère ; il fut condamné (encore) à un an de prison. Lisez Hombres :

Mes amants n’appartiennent pas aux classes riches :

Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux,

Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêts sont mal chiches

De force assez brutale et de procédés gros.

Odilon, un gamin, mais monté comme un homme

  Que faire ? Que le peuple se substitue aux tribunaux, très bien. Qu’une moralisation outrancière accable les fronts des philistins et des brutes, soit ! Dans cette époque de la calomnie, de la délation, du jugement à l’emporte-pièce, une République austère, coercitive, intransigeante, tyrannique s’élève ! La censure est partout, et une uniformisation de la pensée conformiste, voire intégriste, brûle les arts et dicte au pouvoir public et à la critique ses règles. Calvin n’aurait pas souhaité mieux ! Néanmoins, Montesquieu prophétisait : «   Quand l’innocence des citoyens n’est pas assurée, la liberté ne l’est pas non plus.  » Livre XII, Chapitre II. L’innocence de Vanessa Springora fut-elle préservée ? me répondrez-vous. C’est Robespierre tapant du poing et répétant furieusement : La vertu ! La vertu ! La vertu ! Citons : «  Attachons la morale à des bases éternelles et sacrées ; inspirons à l’homme ce respect religieux pour l’homme, ce sentiment profond de ses devoirs, qui est la seule garantie du bonheur social […] Les ennemis de la République sont tous les hommes corrompus. Le patriote n’est autre chose qu’un homme probe et magnanime dans toute la force de ce terme.   » C’est le progrès ! Je ne suis pas pédophile mais j’aime encore Gauguin — Ecclésiaste 1:9 Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera. Je ne suis pas pédophile mais Gauguin sera toujours Gauguin, et il est immense. Tout cela m’inquiète, car bientôt nous brûlerons les bibliothèques, nous choisirons, en nous bouchant le nez, quel auteur de naguère a le droit de cité. Les hydres de la vertu, dans cette obsession de la moralisation, ne comprendront pas Goethe. Pourquoi dépouiller la vie intime d’un homme ? Ce qui est fait, est fait. Et je me fiche assez de la relation qu’entretenait Rimbaud avec Djami ; je me contenterai de lire Les Illuminations. Je crois que Victor Hugo est le plus grand auteur français, et je médite encore ces mots : «   L’auteur de ce recueil n’est pas de ceux qui reconnaissent à la critique le droit de questionner le poète sur sa fantaisie, et de lui demander pourquoi il a choisi tel sujet, broyé telle couleur, cueilli à tel arbre, puisé à telle source. L’ouvrage est-il bon ou est-il mauvais ? Voilà tout le domaine de la critique. Du reste, ni louanges ni reproches pour les couleurs employées, mais seulement pour la façon dont elles sont employées. A voir les choses d’en haut, il n’y a, en poésie, ni bons ni mauvais sujets, mais de bons et de mauvais poètes. D’ailleurs, tout est sujet ; tout relève de l’art ; tout a droit de cité en poésie.   […] Hors de là, la critique n’a pas de raison à demander, le poète pas de compte à rendre. L’art n’a que faire des lisières, des menottes, des bâillons ; il vous dit : Va ! et vous lâche dans ce grand jardin de poésie, où il n’y a pas de fruit défendu. L’espace et le temps sont au poète. Que le poète donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît ; c’est la loi.  » Ceci est la préface des Orientales. Je crains qu’après Matzneff, on se décide à anathématiser Nabokov : «   On a établi que l’âge moyen de la puberté chez les filles était treize ans et neuf mois à New York et à Chicago. Selon les individus, l’âge varie entre dix ans ou même plus tôt et dix-sept ans.   » ou «  Je savais exactement ce que je voulais faire, et comment le faire, sans compromettre la chasteté d’une enfant ; après tout, ce n’était pas l’expérience qui me manquait dans ma vie de pédophile ; n’avais-je pas possédé visuellement des nymphettes ocellées dans des jardins publics ?   » ou «  Le creux de ma main était encore plein de l’ivoire compact de Lolita — plein de son dos galbé de pré-adolescente, du frôlement de sa peau lisse comme l’ivoire à travers la robe mince que j’avais froissée tout le long de son dos tandis que je la tenais.  » Lolita est un livre absolument parfait. Qu’est-ce que je sais de Klaus Mann ou de Montherlant ? Bientôt l’on médira sur Maupassant, sur Claudel, sur Baudelaire… Freud avait très bien compris : c’est la société qui se charge de punir l’audacieux dont la faute met en danger ses semblables. Matzneff incarne un tabou. Tabou qui n’était pas un tabou cent ans auparavant. Matzneff donne le mauvais exemple dans cette France à moralité variable — il sera condamné aux Enfers des bibliothèques dépeuplées. En 1920, Matzneff n’aurait rien eu à craindre ; en 2020, il tombe sous les coups de Némésis : Colossiens 3:5 Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs

  Doit-on dire que Théophile Gautier fut soixante-huitard ? Non, il mourut en 1872 : «   La jouissance me paraît le but de la vie, et la seule chose utile au monde. Dieu l’a voulu ainsi, lui qui a fait les femmes, les parfums, la lumière, les belles fleurs, les bons vins, les chevaux fringants, les levrettes et les chats angoras : lui qui n’a pas dit à ses anges : Ayez de la vertu, mais : Ayez de l’amour, et qui nous a donné une bouche plus sensible que le reste de la peau pour embrasser les femmes   » ou «  Il est aussi absurde de dire qu’un homme est un ivrogne parce qu’il décrit une orgie, un débauché parce qu’il raconte une débauche que de prétendre qu’un homme est vertueux parce qu’il a fait un livre de morale ; tous les jours on voit le contraire.  » Si l’homosexualité était encore un crime, un tabou, on lapiderait le dos de ces écrivains invertis, on massacrerait Proust, on tuerait Aragon, vlan ! vlan ! Matzneff est jugé a posteriori. Jugez Sade ! Matzneff est un écrivain, ou un homme qui vécut ses fictions. Si les femmes qui fréquentèrent Lord Byron ou Musset pouvaient parler, elles publieraient aussi un petit pamphlet, plus attirées par les subsides que par l’érection d’un monument portant le nom de Moralis sur le boulevard Saint-Germain. Je n’aurais aucun ami à Tolbiac, je serais ostracisé pour cause de mal pensance, je n’aurais aucun ami aux Arts Décoratifs de Strasbourg, l’on me pointerait du doigt, moqué par la gestapo de la maréchaussée, féministes, amoureux de cette religion de l’homme pour l’homme dans ce chemin tracé vers la contrition. Vanessa Springora a rendu Matzneff immortel, célèbre et sulfureux par un livre sans mérite ; M le Maudit devient un satyre, un hétérodoxe. Sophonie 1:3 Je détruirai les hommes et les bêtes, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, les objets de scandale, et les méchants avec eux ; j’exterminerai les hommes de la face de la Terre, dit l’Éternel. Matthieu 18:6 Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Alors ! Je condamne Matzneff car c’est un faux-chrétien. Un homme qui porte un costume germanopratin mais qui couche avec Gilles de Rais. Ronsard écrivit mieux, voilà tout.

  Pourtant ! Tout devient sérieux en ce siècle. Matzneff eut trop de goût pour l’auto-biographie, il manqua simplement d’imagination. La littérature latine est d’une autre époque, Martial et Ovide sont morts ; Matzneff est vivant. L’indignation est la nouvelle mode des bazars de la vie virtuelle. Le vrai tribunal, c’est internet. Hélas, Matzneff est l’épouvantail nécessaire qui servira d’exemple, le crapoussin jeté à la potence, l’homme qui permit l’accélération d’une société aseptisée, le mirliflore madré qui n’eut plus de charme. Et dans cette collusion avec l’injustice — cet homme qui ne chercha l’approbation de personne — sa liberté fut immense. Son impunité fut logique car c’est comme cela que l’on vivait, vous comprenez ? Internet n’existait pas. Et ce gandin qui voulut durcir les cœur, eut un grand mérite : nous apprendre que le désir n’est pas contractuel, il est anti-social. La phrase n’est pas de moi mais de A*** P***. Psaume 109 : Je m’en vais comme l’ombre à son déclin, Je suis chassé comme la sauterelle. Mes genoux sont affaiblis par le jeûne. Et mon corps est épuisé de maigreur. Je suis pour eux un objet d’opprobre. Ils me regardent, et secouent la tête. 

  Que Dieu ait pitié de lui. Comme un feu mêlé d’aromate, l’infini du désir chez Matzneff trouve sa fin dans ce siècle injustifiable. Julien Green et André Gide s’étonneraient beaucoup — mais Ivre du vin perdu n’est pas un si grand livre. La destruction de l’Église et de la Nation laisse, par les réseaux sociaux, le pouvoir aux idiots. Les tabous. L’inceste, le parricide et la pédophilie. On pourrait écrire un joli livre sur tout cela, pourquoi pas ? mais faudrait-il encore tailler sa plume.

  Néanmoins. Non Tintin au Congo n’est pas raciste. Oui, Charles Maurras incarne une époque. Arrêtez avec Céline, vous les donneurs de leçons qui n’avez jamais rien lu et qui nous imposent de nous taire. Black veut dire Noir et il me semble bizarre de désigner un individu en ayant recours hypocritement à une autre langue pour ne pas heurter, non pas sa sensibilité, mais bien l’hyper-sensibilité des milléniaux fragiles qui refusent de lire Maurice Barrès pour cause de patriarcat. Feydeau sera toujours plus drôle que quiconque aujourd’hui, et j’aime beaucoup voir Fernandel chanter Il en est. Ne tombez pas dans le piège tendu par cette Vanessa S***. C’est trop tard pour juger Matzneff, employez vous simplement à savoir si ses livres sont bons. Attention ! «   Les lois qui font périr un homme sur la déposition d’un seul témoins sont fatales à la liberté.  » a dit Montesquieu.

Louis Bance

30 décembre 2019

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