Accepter les émotions et aimer les différences qui se cachent dans les interstices de nos vies. Tels sont les grands principes de la chanteuse Zaho de Sagazan, étoile sans cesse montante d’une relève électro-pop qui déchaîne les passions.

Zaho de Sagazan est l’un de ces ouragans qui savent marquer les vies. Elle est calmement entrée dans la mienne avec Je rêve, qu’une personne que j’aime m’avait partagé il y a quelques années lors d’un été caniculaire. La balade sonore parle non d’une rêverie mais bien de la mort, pourtant elle tranquillise et soigne aussi. Je l’écoute et je peux avoir envie de faire danser mes bras en l’air de gauche à droite en pleine rue.
De temps à autre, il m’arrive de dire en riant que je traverse des tempêtes émotionnelles. Cette expression m’évoque bien sûr la sublime Symphonie des éclairs, créée pour mettre en lumière la magnificence des émotions. Cette chanson rend hommage à la tempête intérieure de l’artiste, qui lui permet de « faire danser les gens au rythme de ses pleurs ». Les premières secondes de cette symphonie sont couvertes par un piano, instrument adoré de la jeune femme, à tel point qu’elle a su en concevoir la parfaite alternative : son piano-vaisseau spatial. Moi-même passionnée par les sonorités cristallines des touches noires et blanches, j’ai découvert ce titre en acceptant enfin que des larmes roulent sur mes joues. Je ne m’en suis plus jamais excusée depuis. C’est ainsi que l’impressionnante autrice, compositrice, interprète et musicienne s’est glissée sous ma peau.
En plein juillet 2025, les gradins bétonnés des Arènes de Bayonne sont pleins à craquer. Un couple de sexagénaires se balance sur ses quatre jambes, impatient. Des enfants immobiles attendent que quelque chose d’extraordinaire leur tombe dessus. Et puis elle apparaît devant moi pour la première fois accompagnée de ses graves qui ensorcèlent sur Aspiration, la chanson de la « dernière cigarette ». Faisant mine de tenir le Saint Graal entre son pouce et son index, Zaho fume l’imaginaire. Le beat saccadé du kick de la batterie électronique de Tom Geffray, l’un de ses musiciens, annonce la couleur. Je bouge les épaules en rythme, déjà conquise. La bouche ouverte d’admiration, béate, j’ai comme une envie de pleurer de joie.
J’ai l’impression de la connaître, non pas comme une amie mais comme une personne qui polit certains fragments de vie un peu trop tranchants. Si je devais la décrire, je dirais qu’elle a cette faculté de projeter des émotions avec une puissance qui semble infinie. D’ailleurs, si l’on y prête attention, son public vibre en chœur avec les méga-enceintes qui diffusent la voix tel un nectar qui exalte et répare. Souvent, après les concerts, Zaho poste sur Instagram des clichés d’elle et de gens de la foule, sa foule. Certains tiennent un mouchoir au creux de leur visage, émus aux larmes, d’autres sourient comme ils souriraient à une petite fille, d’autres encore sont mutiques, les yeux fermés, e...











