De l’art, coûte que coûte !

(c) Guillaumme Bonneau, Maxppp – Campagne d’affichage très controversée à Bordeaux

Ce mardi 30 et mercredi 31 mars 2021, le théâtre 14 organisait un colloque qui prend à bras le corps une question d’actualité : « la culture est-elle essentielle ? ». À travers 5 tables rondes réparties sur deux jours, nombre d’acteur·ice·s cuturel·le·s, de personnalités politiques et scientifiques ont tenté de répondre à cette question provocante et provocatrice inspirée par le gouvernement. À la suite de l’article de Claire Saumande, nous vous proposons le compte-rendu du second jour de colloque centré sur l’économie de la culture.

Si la première journée de colloque nous démontrait le bienfait des pratiques culturelles pour le développement des individus, cette seconde journée nous questionne sur la gouvernance des groupes. Le 30 mars nous assistions à deux tables rondes consacrées aux bénéfices de la culture pour la citoyenneté et le vivre ensemble, et au rôle de la culture dans la construction psychologique de chacun (compte-rendu disponible ici). Ce 31 mars, nous envisageons la gestion politique et économique des arts. Chercheur·se·s, géographes, hommes et femmes politiques, travailleur·se·s de la culture débattent de trois thèmes : les territoires, le poids économique, et les finances de la culture.

La culture devrait prouver son utilité, mais l’art doit-il servir ?

L’intervention de l’écrivain et sociologue Michel Simonot à 14h introduit merveilleusement ce dont il est question. Du haut de ses 80 ans passés, l’auteur reprend les réflexions initiées avec Luce Faber dans leur dernier ouvrage sous forme de dictionnaire : La langue retournée de la culture (ed. Excès, Romainville, 2017). Il y démontre que la langue de la culture s’approprie peu à peu le vocabulaire de l’entreprise néolibérale. La thèse de Simonot est que « le monde culturel doit trouver des justifications à son efficience ». L’efficience désigne soit la capacité à produire un effet, soit l’aptitude à produire un rendement[1]. L’emploi du terme « efficience » nous amène à penser que l’art est de plus en plus soumis à un objectif de rendement, dans le sens où les porteur·se·s de projets doivent prouver que leur démarche constitue une plus-value économique et sociale pour le territoire, ses habitants, ses politiques…  La culture devrait prouver son utilité, mais l’art doit-il servir ? La pensée de Michel Simonot met en doute l’intitulé de notre première table ronde : « La valorisation des territoires par la culture » : peut-on demander aux artistes de faire l’attractivité d’un lieu, est-ce le rôle de l’art ?

Doit-on considérer l’art comme une donnée quantifiable ?

L’écrivain souligne un autre problème de taille : peut-on mesurer la culture ? Pour Michel Simonot, « on réduit souvent la culture à des quantités avec des indicateurs ». En effet, chercher à démontrer la valeur économique des arts implique d’élaborer des données chiffrées qui ne prennent pas véritablement en considération l’intérêt des pratiques culturelles. Doit-on considérer l’art comme une donnée quantifiable ? La question est au cœur de notre deuxième table ronde intitulée : « Le poids économique de culture et ses retombées. »

La nécessité d’accès aux financements empêche-t-elle paradoxalement les artistes de créer ?

Enfin, Michel Simonot revient sur le mot-clef « financement », qui fait l’objet de notre troisième table ronde : « les financements publics de la culture ».  L’analyste des mots note la variation qui amène le terme « financement » à prendre la place du mot « subvention ».  Simonot y voit là un « renversement fondateur », puisque cette substitution efface « la portée sociale de la subvention en neutralisant l’idée d’une mission de service public[2]. » Simonot explique que la libéralisation du financement via le principe de l’appel à projet conduit les artistes dans un axiome : il·elle·s sont contraint·e·s de passer leur temps à répondre à des appels à projets sans prendre le temps de développer leurs démarches artistiques.  La nécessité d’accès aux financements empêche-t-elle paradoxalement les artistes de créer ?

La valorisation des territoires par la culture

« La création de valeur, c’est une idéologie libérale, en est-on là ? »

Nous discutons de ce premier sujet autour d’une table ronde rassemblant deux personnalités politiques, le directeur d’un théâtre, un enseignant-chercheur, et animée par Eric Demey, journaliste pour Mouvement et La Terrasse. Jacqueline Belhomme, à la tête de la ville de Malakoff, souligne ce souci qui nous préoccupe : « qu’est-ce qu’on entend par ‘’valoriser un territoire’’ ? » La maire communiste et conseillère déléguée à la Culture de la métropole du Grand Paris émet des doutes face aux « retombées » ou aux « plus-values » économiques attendues du secteur culturel. Elle le rappelle : « on ne met pas en œuvre des politiques publiques pour une rentabilité financière, sinon ça se saurait ! ». Romaric Daurier, directeur du Phoenix, scène nationale de Valenciennes, décèle le danger que comporte le terme « valorisation » : « La création de valeur, c’est une idéologie libérale, en est-on là ? » En effet, comment prendre en compte et mesurer ce que Bernard Stiegler appellerait une « économie de la contribution », c’est-à-dire une économie de l’échange et de la création de savoirs ?

La politique culturelle d’un territoire est-elle l’affaire de tous ou l’affaire des plus aisés ?

Le maître de conférences en géographie Basile Michel recontextualise la situation. Le spécialiste constate une multiplication des stratégies politiques par la culture, via un nombre croissant de festivals, des reconversions de friches en tiers lieux culturels, ou par l’implantation de grands équipements. Cette politique profite de la capacité de l’activité culturelle à générer des représentations positives du territoire, dans une forme d’instrumentalisation des arts. Basile Michel remarque deux limites. La première est le risque de tendre à une homogénéisation des espaces si le même schéma est répliqué. La seconde est la transformation sociale qu’induit ces stratégies de « ville créative », qui créent un phénomène de gentrification et d’exclusion des plus précaires. La politique culturelle d’un territoire est-elle l’affaire de tous ou l’affaire des plus aisés ? À qui s’adressent ces politiques ? Dans les quartiers qu’il a étudiés, le chercheur a distingué trois types de positionnement vis-à-vis des populations locales. Certain·e·s ne les prennent pas en compte, et sont tourné·e·s vers une plus grande échelle de rayonnement. D’autres travaillent de manière située avec, pour et par le territoire et ses habitants. D’autres, enfin, ne s’engagent pas dans des projets de proximité mais par leur simple présence et ouverture d’esprit, ils abaissent les barrières entre publics et artistes. Vous l’aurez compris, ce qui préoccupe les politiques n’est pas simplement le territoire, mais surtout les habitant·e·s qui le constitue.

Le débat transite doucement du territoire à l’habitant.

C’est ainsi que le débat transite doucement du territoire à l’habitant, de « à quoi sert la culture ? » à « à qui sert la culture ? ». Florence Portelli, maire de Taverny encartée chez Les Républicains, l’affirme avec aplomb : « Avant de valoriser les territoires, il faut valoriser les être humains ». La vice-présidente de la région Île-de-France insiste sur l’Education Artistique et Culturelle, qui doit commencer dès le plus jeune âge, car il faut « éduquer » à la culture. Jacqueline Belhomme, conseillère métropolitaine à la culture et au patrimoine, revient plutôt sur la nécessité de prendre en compte toutes les pratiques culturelles de toutes classes sociales, en développant le milieu associatif. Au fur et à mesure du débat, les notions d’urbanisme ou de développement territorial tombent en désuétude pour privilégier une approche sociale.

Lorsqu’on interroge Florence Portelli sur le modèle économique de la culture, la directrice de l’orchestre national d’Île-de-France explique qu’il faut savoir investir : « quand on me demande quel est le modèle économique d’un orchestre, je réponds qu’il n’y en a pas, ça coûte cher et il faut accepter de mettre la main au pot. » En effet, l’orchestre symphonique implique des charges salariales colossales. Ce poids économique a pour conséquence que cette pratique ne peut exister sans subventions publiques. La culture serait-elle trop dépensière ?

 

Le poids économique de la culture et de ses retombées

« Parler d’économie de la culture, est-ce mettre le ver dans le fruit ? »

Le sujet de notre deuxième table ronde pose problème : peut-on mesurer un « poids économique » de la culture ? Les arts peuvent-il éthiquement se penser en fonction de leur coût ?  Le journaliste de Scèneweb Vincent Bouquet ouvre le débat en posant cette audacieuse question : « Parler d’économie de la culture, est-ce mettre le ver dans le fruit ? » La question sous-entend : doit-on contraindre la culture à des objectifs de rentabilité économique ?

Françoise Benhamou, professeure d’économie à l’université Sorbonne-Paris Nord et Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la culture de 2012 à 2014, désamorcent ce préjugé. « Il y a des modèles économiques pour tout, l’économie est là, et on ne saurait en faire l’économie », nous dit l’enseignante-chercheuse qui ajoute : « bien sûr qu’il ne faut pas instrumentaliser la culture. » L’ex-ministre explique précisément le problème. Elle observe « une sorte de malentendu » lorsqu’on parle d’économie et de culture qui consiste à penser « qu’on va soumettre la liberté artistique à des objectifs de rentabilité. » À l’inverse, pour madame Filippetti, il s’agit de « rendre possible la création dans une société donnée, rendre possible le fait de vivre de son art. »

Il est très important de distinguer économie et rentabilité.

Ces premières craintes écartées, prennent place de nouveaux problèmes : s’il y a une économie de la culture, doit-on chercher une rentabilité de la culture ? Pour Françoise Benhamou, pas d’amalgames : « Il est très important de distinguer économie et rentabilité. » Il est possible d’avoir un système de création (une économie) qui ne rapporte pas de bénéfices, c’est-à-dire qui n’est pas rentable. Paradoxalement, le secret d’un modèle économique stable n’est pas forcément la course à la rentabilité. La chercheuse prend l’exemple de la radio France Culture, qui fonctionne très bien sans avoir d’objectif de rentabilité programme par programme mais en priorisant un objectif de qualité sur l’ensemble de sa programmation.

La culture est une richesse et non une dépense.

Alors, la culture, est-ce rentable ?  « Tout franc investit dans la culture est un franc investit dans l’économie » disait Mitterrand, cité par Françoise Benhamou. L’étude de 2013[3] commandée par Aurélie Filippeti, le confirme. Le milieu culturel, considéré par Bercy comme un ministère dépensier, représente 3,2% du PIB, 105 milliards d’euros d’apport à l’économie et 670 000 emplois directs. « La culture est une richesse et non une dépense », souligne la ministre.

Il faut avoir une posture offensive et dire que la culture est aussi essentielle que la santé ou l’éducation et que nous n’avons même pas besoin de la mesurer.

Thomas Paris, chercheur au CNRS explique que, de surcroît, le secteur culturel apporte des bénéfices non quantifiables. Selon lui, les dirigeant·e·s politiques tendent à penser qu’il faut « justifier le financement par la mesure. » Mais une grande partie de l’apport de l’art concerne des données qualitatives (le bien-être, l’information, le vivre-ensemble) qui échappent aux données quantitatives économiques, qui ne peuvent prendre en compte « l’effet transformateur de la culture ». L’apport des arts échappe en partie aux considérations financières, et Aurélie Filippetti avoue en effet que « on ne ferait pas de politique culturelle si on ne pensait qu’à ça. » Lorsque l’animateur de la table ronde demande « doit-on parler du bonheur national brut au lieu du produit national brut ? », Thomas Paris lui répond qu’il faut arrêter de vouloir tout mesurer. Il explique clairement que les arts font partis des besoins nécessaires : « Je ne suis pas certain qu’on mesure l’apport économique de l’éducation, de la santé, qui est pourtant énorme et monumental. Il faut avoir une posture offensive et dire que la culture est aussi essentielle que la santé ou l’éducation et que nous n’avons même pas besoin de la mesurer. »

Durant ce débat est apparu le sujet du libéralisme économique de la création. L’économie de la culture est fondée selon nos intervenant·e·s sur une profusion de propositions, ce qui garantit un dynamisme et une émulation entre les créateur·ice·s. Pour Françoise Benhamou le rôle des pouvoirs publics est de faire en sorte que cette abondance puisse exister. Mais le défaut de cette richesse est que le nombre croissant d’artistes provoque une économie de la concurrence, dans laquelle chacun peine à trouver sa place. Alors, comment l’Etat peut-il garantir son rôle de protection sociale dans ce contexte ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils soutenir cette profusion sans mettre des artistes à l’écart ?

Les financements publics de la culture

Parler de « financements » montre que l’on ne renie pas le fait que la culture coûte de l’argent.

Vincent Bouquet, qui anime une nouvelle fois cette dernière rencontre, revient sur la réflexion de Michel Simonot : pourquoi sommes-nous passés de l’emploi du terme « subvention » à cette périphrase « financements publics » ? Laurent Dréano, directeur de la Maison de la Culture d’Amiens, revendique l’utilisation de « subvention », car ce mot s’inscrit dans une logique de service public établi par et pour le citoyen. Le terme « subvention » rappelle ainsi que la culture est un bien commun. À l’inverse, pour le sociologue et professeur émérite de la Sorbonne, Bruno Péquignot, il faut « changer les mots car les faits ont changé ». Parler de « financements » montre que l’on ne renie pas le fait que la culture coûte de l’argent. La responsable du pôle des arts de la fondation Edmond de Rothschild préfère employer la notion de venture philantropy. Il s’agit, pour l’organisme privé, de rediriger ses fonds vers des artistes que Carole Mbazomo soutient financièrement et accompagne stratégiquement à long terme[4].

Vincent Bouquet demande : mais qui a les compétences de délivrer des subventions ? Comment se fait ce choix ? Risque-t-on d’homogénéiser la création en fonction des systèmes de financement ? Laurent Dréano rassure en expliquant que nous jouissons d’un dispositif législatif important, constitué de deux lois principales : la loi Nôtre[5] (2015) et la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine[6] (2016). La première organise la répartition des subventions à travers les collectivités et introduit l’idée que la culture est une « compétence partagée ». La seconde garantit, entre autres, la liberté de création et de programmation, l’indépendance des artistes et des programmateurs. Le directeur de la Maison de la Culture rappelle ainsi que, compte tenu du système législatif en vigueur, la création ne devrait pas être contrainte par des systèmes de subvention. Pourtant, Michel Simonot soutenait à 14h que les créateur·ice·s s’adaptent aux logiques économiques des programmations, restreignant nécessairement la liberté des artistes.

Le privé ne se substitue pas au public, ça n’est pas notre vocation.

Arrive l’interrogation fatidique : peut-on encore compter sur l’Etat pour financer la création ? Ou doit-on se passer de la subvention publique ? La directrice du pôle des arts de la fondation de Rothschild explique clairement que le privé ne souhaite pas entrer en compétition avec le service public, mais souhaite plutôt développer des partenariats publics-privés. Elle l’affirme : « On ne se substitue pas, ça n’est pas notre vocation. » Laurent Dréano et Bruno Péquignot constatent tous deux que les financements privés sont faibles, et que la politique de mécénat en France reste bien moins efficace qu’aux Etats-Unis, par exemple. Pareillement, les financements participatifs (crowdfunding) ne sauraient remplacer une subvention, d’autant plus que « tout le monde ne sait pas le faire » explique madame Mbazomo, puisque cela demande des compétences commerciales. Les intervenant·e·s s’accordent ainsi sur la nécessité des subventions publiques, dont l’importance ne saurait être remise en cause.

Essentielle ou non essentielle ? La question ne se pose plus.

L’adjointe à la culture de la mairie de Paris, Karine Rolland et l’ex-ministre Marisol Touraine concluent cette journée de colloque. Essentielle ou non essentielle ? La question ne se pose plus. Les multiples interventions ont prouvé le caractère absolument vital et nécessaire des arts et de la culture sur tous les plans : économique, psychologique, physiologique, sociétal, géographique…Et quand bien même certain·e·s seraient tenté·e·s de considérer la culture comme non-essentielle, Marisol Touraine rappelle cette phrase de l’écrivain Maurice Blanchot : « Le risque de se livrer à l’inessentiel est en lui-même essentiel. »

Karine Rolland compare notre situation au commencement de la Divine comédie de Dante, lorsque le poète est égaré au milieu d’une forêt obscure, âpre, épaisse, jusqu’à ce qu’il voie quelques rayons de soleils apparaître. Alors, nous nous demandons quand et comment nous sortirons de cette forêt noire pour la culture que représente la crise sanitaire. Laurent Dréano relevait justement que le gouvernement n’a pas su mettre la culture au profit d’un état de crise. Lui répondant, Bruno Péquignot se demandait : « Est-ce qu’on va gâcher une génération d’artistes ou être capable de réfléchir à des moyens pour rattraper le coup ? » Nul ne sait. Sans doute serait-il préférable d’en parler directement aux artistes concerné·e·s, qui ne semblent pas avoir été invité·e·s à cette journée de débats politiques.

 

Les captations des interventions sont disponibles sur le site du théâtre 14 : https://www.theatre14.fr/index.php/rencontres-universite-populaire#colloque-culture

[1] Selon les définitions du CNRTL https://www.cnrtl.fr/definition/efficience

[2]Caroline Châtelet, « Michel Simonot : ‘’Nous sommes arrivés dans le champ de la culture à un tel retournement idéologique…’’ », 17 mars 2017,  Revue Regards, http://www.regards.fr/archives/web/article/michel-simonot-nous-sommes-arrives-dans-le-champ-de-la-culture-a-un-tel, consulté le 14 avril 2021

[3] Culture.gouv, « Etude conjointe sur l’apport de la culture à notre économie confiée à l’inspection générale des finances et à l’inspection générale des affaires culturelles par Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances et Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication », https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Industries-culturelles/Actualites/Etude-conjointe-sur-l-apport-de-la-culture-a-notre-economie-confiee-a-l-inspection-generale-des-finances-et-a-l-inspection-generale-des-affaires-cu

[4] Une définition de venture philanthropy, par Anne-Claire Pache, est disponible sur le site « Fondation de France », https://www.fondationdefrance.org/fr/parole-dexpert-anne-claire-pache

[5] Consultable sur légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000030985460/

[6] Disponible sur légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000030857456/

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