Accompagnée d’une petite réputation d’estime outre-Atlantique, le dernier film d’Oz Perkins constitue une expérience d’alchimie intrigante : transmuter, par le biais d’une enquête policière, le réel et sa familiarité réconfortante en un monde de ténèbres où le diable règne en maître.

Longlegs

On croit voir un film de famille tourné sur pellicule. Sur l’écran apparaît une petite maison perdue à la campagne. Une fillette se prépare pour aller jouer dans la neige. C’est la première scène du film et très rapidement le malaise s’installe. Une voiture vient de se garer. Son conducteur est déjà tout proche… Inaugurale et cruciale pour le déroulé de l’intrigue, la scène d’ouverture témoigne en quelques plans du talent de Perkins pour installer une ambiance terrifiante qui bouscule la tranquillité apparente du quotidien.

Suppôts de Satan

Longlegs n’est que le vaisseau déséquilibré d’un mal plus profond qui contamine le réel et transforme de paisibles pères de famille en déments sanguinaires.

L’histoire de ce thriller horrifique n’a pourtant rien d’original : une jeune recrue du FBI disposant de talents de médium, Lee Harker (Maika Monroe), est chargée par son supérieur, l’agent Carter (Blair Underwood), de traquer un tueur en série insaisissable répondant au nom de « Longlegs » (Nicolas Cag...